Attrait d'humeur pareil,
Vent sourd et débauché
Que libère le ciel
Vers les quatre voluptés,
Arborant le plaisir,
Moi, les vapeurs nuptiales
Si douces à maintenir,
Tu m'absorbes et m'exhales
Tel de grands voyageurs
qui naviguent dans l'onde,
Et consumant la chair
envahissent le monde
D'un univers de corps
sensibles et chaleureux
Où fusent les caresses
de ces grands généreux.
Baptême des sueurs tièdes,
Lit de sang et de sève
Où l'existence en trêve
Brûle ainsi qu'un vieux rêve.
Aube, tu nous endors
Et toi, reine des clartés,
Tu emportes mon corps
Et tu me fais rêver
Tel l'homme qui revit, d'un voyage passé
Noyé dans une Mer de savoureux attraits
Ou celui qui retrouve, après trop de misère
La vaine immunité d'une vie de prières.
Tel l'homme profitant d'un monde maculé,
Qui repose son corps et suinte le péché
Ou celui qui ne parle que la langue du fer
Et se cache derrière une écorce de chair.
Tel le vieux vagabond piétinant dans la boue,
Qui rêve, le nez en l'air de brillants paradis.
À ses pieds le chemin, qui cache son chagrin
Sans histoire derrière et devant sans destin
Solitaire, il navigue sans savoir où il va,
Elu par la naissance, perdu par l'existence.
Puis la faim, qui l'arrache à l'épuisant sommeil
Trouve à propos de prendre avec lui sa conscience.
Profondeur empathique qui troubles mon audace
Qui extrais de mon corps une clameur bruyante,
Tu ne demandes pas moins de ce plaisir vorace
Que n'agonise l'homme dans l'immortelle attente.
Le poète est ici, où les flammes soudaines
Disparaissent ainsi qu'on brûle de la paille,
Où le désir perdu dans l'océan des âges
Fait les visages heureux paraître pourtant blêmes.